Raison et Sentiments : Roman ou Adaptation ?

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Mon avis sur le film d’Ang Lee (1996) : 

Mon amour pour Jane Austen est inconditionnel alors forcément, tout ce qui touche de près ou de loin à la dame, j’ai envie de le voir, de le lire, de le posséder, de le chérir, de l’aimeeeeer. Hum. *Cet avis risque d’être fortement élogieux*

Que dire… J’ai aimé ce film. Et je pourrais m’arrêter là et partie en crise d’hystérie en vous disant que JE VEUX le revoir !!!! Si j’avais aimé le film Orgueil & Préjugés de 2005 et qu’en général aucune adaptation de Jane Austen n’arrive à la cheville de celles de la BBC, ce film est pourtant pour moi un immense coup de cœur. Malgré tout, j’ai eu un petit peu peur au début, le ton entre Mr Dashwood et son fils John étant trop… Théâtral. Pourtant ce film m’a conquis. Plus les minutes passaient, moins je ne pouvais lâcher l’écran des yeux ne serait-ce qu’une seconde tellement ce film est un véritable petit plaisir comme une bonne gaufre avec plein de sucre ! *miam*

Bon, il faut dire que je ne suis pas restée insensible au charme d’Edward Ferrars…

 Edward Ferrars

Mais l’actrice pour qui j’ai eu un coup de cœur dans ce film,  c’est tout simplement Emma Thompson. 

Elinor Dashwood

Seuls quelques rares acteurs arrivent à m’émouvoir autant qu’elle a su le faire avec son interprétation d’Elinor Dashwood. Un rôle tout en retenu qu’elle joue avec une sincérité et une appropriation du personnage qui m’ont ému et touché. Ce rôle lui va tellement bien qu’il est difficile d’imaginer une autre actrice à sa place ! Depuis Nicole Kindman dans Moulin Rouge ! et Nathalie Portman dans Black Swan, jamais une actrice n’aura été un tel coup de cœur.

Quant à Alan Rickman dans le rôle du Colonel Brandon, c’était juste la meilleure idée au monde. D’abord parce que c’est un excellent acteur que j’adore mais ensuite parce que ce film m’a permis de le découvrir d’une autre manière, de dévoiler son côté « sensible ». Son interprétation m’a fait craquer et m’a presque fait verser quelques larmes… 

Colonel Brandon

Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu… Cet air qu’il a quand il écoute Marianne joué du piano & chanté… Haaa !! Moi aussi je veux que mon homme me regarde comme ça quand je chante. Encore faudrait-il que je chante… :p

Non vraiment, rien que dans le casting, ce film était fait pour être un coup de cœur. Quand on y ajoute l’interprétation, c’est au centuple qu’il  faut multiplier le coup de cœur ! Pourtant, même le scénario et l’adaptation en elle-même ont été un coup de cœur. Ce film est pour moi LE film à voir si on aime Jane Austen parce que non seulement il en vaut la peine mais en plus, il est vraiment magnifique. Ang Lee a su avec ce film retranscrire toute la poésie et l’ironie tragique de Jane Austen. Et ça n’a pas de prix tellement c’est magique. Donner vie à ce grand roman de cette manière, waouh quoi. 

« L’amour n’est point l’amour s’il change en trouvant ailleurs le changement, ou s’éloigne en trouvant en l’autre l’éloignement. Oh non ! il est un phare au regard immuable, fixé sur la tempête et jamais ébranlé ! »  Marianne Dashwood.

Mon avis sur le roman de Jane Austen (1811) :

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Après avoir vu le film d’Ang Lee datant de 1996, il était nécessaire que je m’attaque à l’œuvre de Jane Austen. Oui, je fais tout à l’envers et alors ? Au moins, on est moins déçus si l’adaptation nous plaît moins après lecture 😉 Et puis, vu ma passion pour la grande dame, il était évident que pour moi le film serait en-dessous du chef d’œuvre romanesque.

Élinor représente la raison là où sa sœur, Marianne, représente le sentiment. Mais à la mort de leur père, obligées de déménager à Barton Cottage avec leur mère et leur sœur cadette (Margaret), elles vont découvrir que la vie ne s’arrête pas à l’un ou à l’autre et que les deux sont complémentaires et nécessaires pour créer des situations que nul ne pouvait prévoir. La sage Élinor va alors découvrir la passion sentimentale quand l’extravagante Marianne apprendra ce qu’est la raison…

Un schéma austenien classique.

En bien des sens, et surtout dans son schéma narratif, Raison & Sentiments semble se rapprocher d’Orgueil & Préjugés ; on y retrouve ainsi un schéma classique de Jane Austen. En effet, les principaux personnages sont issus de famille modeste et vont être amenés à côtoyer des personnes plus riches qu’elles dans l’espoir de faire un bon mariage mais surtout un mariage d’amour. De ce fait, la famille Dashwood n’est pas sans nous rappeler la famille Bennet d’Orgueil & Préjugés bien que les personnages et leur caractère soient forts différents les uns des autres. Si Mrs Bennet était un personnage sûr de lui et très impétueux, voire irrespectueux des convenances, Mrs Dashwood est, au contraire, un personnage plus réservé même si impatient de voir ses filles mariées. Le seul point commun de ces deux femmes repose donc dans leur façon d’être sûr d’un mariage quand celui-ci ne l’est pas.

Ainsi, Élinor et Marianne vont être amenées à traverser bien des épreuves. De l’amour à la désillusion, du chagrin à la peur de perdre un être cher, ces deux jeunes femmes nous sont très proches malgré qu’elles aient une vie si différente de celle de notre époque. Malgré tout, elles  savent montrer que ce sont des femmes fortes qui ne sont pas reste face à d’autres personnages ; elles occupent la scène et montre parfaitement leur trait principal : la raison et le sentiment. Et quand les deux entrent en collision, les épreuves ne font que se multiplier poussant les deux jeunes filles à se surpasser et à repousser leurs limites.

Il est alors bien normal que la fin soit heureuse. Après tant d’épreuves, si les personnages devaient encore souffrir, cela serait une véritable marque d’injustice pour elles alors même que celle-ci a été leur lot quotidien. Et cette fin heureuse est tout à fait normale puisqu’il s’agit du propre même de Jane Austen de faire souffrir ses personnages avant de les libérer par un « Happy end ».

Une peinture de la société anglaise du XIXe siècle

A travers les personnages d’Élinor & Marianne, Jane Austen nous livre ici une peinture de la société de son époque. Une société où régnait des règles de convenances strictes, la nécessité d’un bon mariage et de la fortune et où l’amour n’est qu’un sentiment secondaire. Autant dire que c’est totalement à l’opposé  de notre société moderne où le mariage repose sur l’amour et où les convenances sont totalement différentes du fait de l’évolution des mœurs. Et ces règles de convenances transparaissent essentiellement par Mrs Edwards qui s’oppose fermement à un mariage pour des questions de fortune et de volonté de bon mariage. C’est une femme de caractère qui n’hésite pas à imposer sa volonté et ce, par tous les moyens pour ne pas perdre son honneur et sa fortune.

Et la fortune est le cœur même de cette société. Pour toute jeune fille issue d’une famille modeste, il s’agit de trouver un mari fortuné pour pouvoir avoir une vie descente et permettre à ses parents de vivre confortablement quand ils ne pourront plus travailler. Quant aux jeunes hommes issus de famille riche, leurs parents voudraient les voir épouser une jeune fille de leur classe sociale. Jane Austen, dans ses romans, va donc confronter ces deux univers que tout oppose pour les réunir envers et contre tout. Mais cela passera par de nombreuses difficultés et des personnages différents que tout oppose pour certains.

Des personnages aux caractères opposés

Comme toujours dans les romans de Jane Austen, les personnages ont des caractères diamétralement opposés mais tout les attire. Voilà qui donne du fil à retordre à l’expression « Qui se ressemble s’assemble. » Ainsi, Marianne & Élinor sont les expressions même de ces caractères opposés puisque l’une est sentimentale là où l’autre est plus raisonnée.

Mais cette différence est encore plus accentuée entre le Colonel Brandon et Monsieur Willoughby. En effet, Brandon est un personnage très discret, limite timide alors que Willoughby est très extraverti, sûr de lui-même et aime jouer avec les sentiments des autres. Willoughby apparaît comme un manipulateur là où Brandon joue franc-jeu.

Quand à Lucy Steele et Robert Ferrars, leur différence est tout simplement énorme et la fin est impensable à cause de cela. Jeune homme fier de lui qui a souvent critiqué Lucy, il finira par tomber sous son charme et à se remettre en cause. A l’inverse, Lucy est une femme qui aime conquérir et plaire mais qui reste très hautaine et imprudente.

En bref, un roman que j’ai eu plaisir à lire comme à voir le film. La plume de Jane Austen a su encore une fois me conquérir, me confirmant ainsi qu’elle est l’une des plus grandes auteures de son époque et une de mes favorites.

Bonne lecture !

Adaptations

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