Nom de Code : Verity, d’Elizabeth Wein

Nom de Code : Verity

Résumé :
Je dirai toute la vérité.
Je n’ai plus que deux semaines à vivre. Après, vous m’exécuterez. Car la mort est le sort que les nazis réservent à leurs ennemis, n’est-ce pas ? Et j’ai été prise en flagrant délit d’espionnage…
Je n’ai pas d’autre choix que de livrer tout ce que je sais. Je ferai tout, absolument tout pour éviter un nouvel interrogatoire du capitaine SS von Linden.
Tout a commencé le jour où j’ai rencontré mon amie Maddie. C’est elle, le pilote qui m’a conduite jusqu’ici. Folles que nous étions, nous avons tenté d’envahir la France à nous deux.
Nous formions alors une équipe du tonnerre.

Mon avis :

On connait tous ces romans qui nous vont vivre des aventures fortes et de véritables montagnes russes. On connait peut-être un peu moins ces romans à la complexité narrative qui peut rebuter mais, qui sans tomber dans le mélodrame, nous font découvrir une tranche de l’histoire à travers des personnages vrais, touchants et incomparables. Et loin de prétendre retracer fidèlement l’Histoire (l’auteur le précise bien à la fin), le roman nous entraîne au cœur de la Seconde Guerre Mondiale, au cœur même de cette Résistance aussi forte qu’impitoyable et de cet Empire nazi, dans ses divisions comme dans sa violence. Pourtant, il faut reconnaître à Elizabeth Wein un véritable travail de recherches, très pointilleux, pour rendre son histoire la plus crédible possible.

Au cœur de l’horreur, Nom de Code : Verity, se livre en deux parties. La première, retraçant la vie d’une jeune fille aux mains des nazies, est probablement la plus difficile. Difficile car on ne connait pas le nom du personnage principal, que c’est un récit douloureux, un récit pour la vie. Tout au long de cette partie, intitulée Verity, on sent cette épée de Damoclès planer au-dessus de la tête de l’héroïne, on sent ce qui arrivera au terme de ces deux semaines. Alors elle écrit. Pour éviter un nouvel interrogatoire du SS Von Linden, dont toute l’horreur nous est suggérée au fil du roman, pour survivre un peu plus, pour conter son histoire avant qu’elle ne disparaisse. Et à partir de là, on découvre une histoire d’amitié et de Résistance somptueuse, qui nous touche en plein cœur, qui nous foudroie sur place tant c’est une amitié pure, belle et d’une simplicité que l’on voit peu de nos jours. Ces deux jeunes filles nous touchent parce qu’elles ont perdu leur innocence et leur naïveté très jeune, qu’elles décident toutes deux de s’engager dans l’effort de guerre et que leur rencontre fera des étincelles. Quand la mort peut vous cueillir à n’importe quel moment, vous n’attendez rien d’autre de la vie qu’un peu de douceur, et c’est exactement ce qu’elles vont s’apporter l’une à l’autre : une lueur d’espoir à laquelle s’accrocher.

La deuxième partie, nommée Kittyhawk, n’est autre qu’un point de vue différent des choses. Les événements se déroulent sur la même période, mais sont ceux vécus par notre deuxième héroïne. Et tout se joue dans cette partie là, puisque l’auteur se joue de nous en dévoilant petit à petit les cartes qu’elle a mis en place pour nous tromper. On découvre alors les choses sous un angle différent et on se retrouve fasciné par la complexité de l’intrigue et de la narration qu’Elizabeth Wein a mis en place. Petit à petit, on sent notre cœur qui se serre un peu plus face à l’héroïsme de ces deux petits bouts de femme qui évoluent tant, en seulement quelques semaines. Peu importe que ce ne soient que des personnages de fiction, on s’attache à eux, on vit leurs souffrances et leur humanité est telle qu’ils nous inspirent un profond respect. En cela, Nom de Code : Verity rend un hommage touchant et incroyable à ces hommes et femmes de l’ombre qui ont contribué à libérer l’Europe. Que les événements décrits dans ce roman aient réellement eu lieu ou non, l’hommage se doit aussi parfois de passer par la fiction pour qu’il puisse toucher tous les publics et que l’on n’oublie pas le sacrifice de toutes ces personnes.

Si le début est un peu laborieux, nous parlant beaucoup de l’aviation civile, de la WAAF, l’ATA et même parfois la RAF, il suffit de s’accrocher un minimum pour ensuite se laisser emporter par la plume d’Elizabeth Wein. Et c’est seulement ce début qui a empêché ce livre d’être un coup de cœur, car pour le reste, il vous prend aux tripes, vous serre le cœur, vous fait vivre les choses comme si vous y étiez. La vraie force de ce roman, ce n’est pas seulement ses personnages, c’est sa façon de ne se concentrer que sur les faits et décisions que chacun prend, sur l’engrenage que cela enclenche et sur la finalité des actions de chaque individu. Et vraiment, je tire mon chapeau à l’auteur pour avoir su rendre son histoire si crédible, passionnante et incroyable.

En conclusion, je dirais que Nom de Code : Verity est un roman complexe, certes, mais qui rend aussi et surtout un hommage vibrant et touchant à tous ces êtres de l’ombre qui ont tout sacrifié par amour de la liberté. C’est une histoire pleine de faux semblants, surprenante, touchante, et bouleversante. Un roman comme on en fait peu pour lequel il faut peut être un peu s’accrocher, mais qui en vaut tellement la peine.

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2 commentaires sur « Nom de Code : Verity, d’Elizabeth Wein »

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