Izana, la voleuse de visage de Daruma Matsuura

Résumé : Et si vous pouviez prendre l’apparence de n’importe qui ?

Dans le monde d’Izana, il y a le dedans et le dehors. Le dehors, c’est tout ce qui s’étend au-delà des murs de la maison : le soleil, les arbres, les autres… tout ce qu’elle n’a jamais vu autrement que dans ses livres ou à travers les carreaux. Car depuis sa naissance, elle vit recluse, bien à l’abri entre quatre murs. Un jour, poussée par la curiosité, la jeune fille décide de braver l’interdit et de s’aventurer à l’extérieur. Bien mal lui en prend – elle comprend que son visage est si effroyable qu’il ne peut être montré au grand jour.

Car si d’ordinaire, la laideur n’est pas un crime, il règne dans le village une terrible superstition. Autrefois se seraient affrontées une sorcière d’une grande laideur et une prêtresse d’une grande beauté : la première, victorieuse, aurait volé son apparence à la seconde. Depuis lors, toute petite fille laide née une certaine année est tuée sur-le-champ, sous peine de porter malheur aux habitants. Cette légende est même le thème d’une pièce de théâtre qui se joue chaque été. Izana y découvre pour la première fois, dans le rôle de la prêtresse, sa propre cousine. Née la même année qu’elle, Namino a été épargnée grâce à sa beauté extraordinaire…

Jusqu’où iriez-vous pour obtenir la beauté du diable, pour prendre le visage de votre choix ? À quel point l’apparence d’un être influence-t-elle son destin ? Dans une petite ville à l’atmosphère envoûtante, où des légendes séculaires restent terriblement vivaces, une adolescente marquée par le sort décide de briser les chaînes de son destin.

Genre : Young-adult

Parution : Lumen – 18 mai 2017

Mon avis :

Après avoir beaucoup entendu parler de Kazane, qui se trouve être la suite d’Izana, je n’ai pu m’empêcher de me jeter sur le roman lors de sa parution chez Lumen. D’une part parce que j’adore cette maison d’édition, et d’autre part parce que j’étais curieuse de découvrir une histoire originale qui porte à la base sur une légende japonaise. Et il faut dire que malgré quelques petits défauts, je n’ai pas été déçue de cette lecture que j’ai trouvé captivante et qui sort des sentiers battus.

Avec Izana, on plonge dans un monde particulier, celui du Japon où des croyances et légendes ancestrales donnent lieu à des actes de pures barbarie. Après le très beau film Silence de Martin Scorsese, c’est donc une nouvelle facette du Japon et de ses croyances que j’ai découvert avec ce roman. Loin de la beauté des cerisiers en fleurs, l’histoire que nous conte ici Daruma Matsuura est dure et violente, mais témoigne à sa manière de notre incapacité à ne pas juger quelqu’un sur son physique, aujourd’hui encore. Ici, il est question d’une enfant née une certaine année et dont la laideur est considérée comme un crime. Alors qu’elle aurait du mourir à sa naissance pour ne pas porter malheur au village, elle sera sauvée par Kagura mais sera condamnée à rester enfermer.

Je dois avouer que plus d’une fois, je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec Raiponce. La jeune fille « enlevée » à ses parents, enfermée entre quatre murs, qui décide de s’échapper pour une raison bien particulière… Oui, c’était facile de voir un lien. Pourtant, l’histoire n’en demeure pas moins originale, et ce d’autant plus que l’on nous décrit Izana comme une jeune fille particulièrement laide, à tel point que la vision de son visage serait insoutenable. Cependant, difficile de ne pas s’attacher à la fillette et à Kagura, ces deux personnages plein de vie et d’amour.

Seul petit bémol du roman à mes yeux, les chapitres qui sont parfois interminables tant ils sont… Longs. En effet, le roman n’est composé que de 7 ou 8 chapitres qui s’apparentent presque plus à des parties. De fait, malgré une alternance des points de vue, le récit peut parfois paraître assez indigeste du fait de l’absence de réelle pause dans le récit. Par ailleurs, je suis aussi assez déçue de la fin, surtout quand dans la foulée on lit le manga Kazane qui nous raconte l’histoire de sa fille. Toutefois, ces deux petits défauts n’ont pas réussi à ne pas me faire aimer cette histoire que j’ai trouvé vivifiante et pleine de réflexion sur le monde.

Izana est donc un roman passionnant qui nous oblige à réfléchir sur les croyances auxquelles on adhère aveuglément mais aussi sur le regard que l’on porte sur les autres et leurs différences. C’est également un roman d’une grande sensibilité que je vous recommande chaudement, que vous ayez lu Kasane ou non. Et si vous n’avez pas encore découvert Kasane, n’hésitez pas à le faire après votre lecture d’Izana, le manga en vaut vraiment la peine.

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